Une filière engagée dans le développement durable

Cultivée sur 300 000 hectares en France dont 62 000 ha pour la déshydratation, la luzerne est une légu-mineuse pérenne ce qui lui confère naturellement beaucoup d'atouts écologiques. Aujourd'hui la filière luzerne déshydratée cultive activement ce statut de plante de l'agriculture durable.

Chiffres clés la luzerne déshydratée en France
  • 62 000 hectares
  • 27 usines de déshydratation
  • 850 000 tonnes de fourrages déshydratés
  • Un quart de la production européenne
  • 10 % des matières riches en protéines
  • 80 % des surfaces en Champagne Ardenne (troisième employeur privé de la région)
  • 1 500 emplois directs et indirects (en baisse de 17% depuis 1995)
Évolution des surfaces luzerne

Graphe_luzerne

A l'instar des autres légumineuses, la luzerne voit ses surfaces s'éroder avec le temps. Il est urgent de stopper cette baisse autant pour préserver la biodi­versité que pour maintenir et développer notre autonomie en protéines végétales pour nos élevages.


Une énergie maîtrisée

Carte2La luzerne est majoritairement cultivée en Champagne Ardenne où les conditions pédoclimatiques sont les plus efficientes d’Europe : un hectare de luzerne produit en effet 2,4 t de protéines contre 1,2 t pour le pois et 0,95 t pour le soja. De l’énergie est néanmoins nécessaire pour la déshydrater. Ce produit sec présente des avantages nutritionnels avérés : tenue dans le temps, qualité et conservation des nutriments, digestibilité. Conscient des progrès nécessaires à réaliser en matière d’énergie la filière s’est lancée dans un ambitieux programme de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. En 2010, celles-ci ont été réduites de 40 % par rapport à leur niveau de 2005. Et la filière s’est engagée sur une réduction de 650 000 tonnes de CO2 à l’horizon 2012. Un engagement dûment enregisté par l’Etat qui autorisé la filière à vendre ce quota via le dispositif des « projets domestiques » sur le marché du carbone. Une première en France en agriculture et industrie agro-alimentaire toutes productions confondues ! Déjà aujourd’hui 21 usines de déshydratation sur 27 utilisent de la biomasse (plaquettes forestières, miscanthus, divers déchets végétaux ) en substitution partielle ou totale (pour 6 d’entre eux). Et la plupart des usines pratiquent maintenant le séchage partiel au soleil qui permet à lui seul d’économiser 20 % d’énergie. Mais la plante a d’autres atouts en terme de bilan énergétique global : n’ayant pas besoin d’engrais azotés, principale consommation d’énergie en agriculture (l’azote provient directement du gaz naturel), son bilan carbone s’en trouve diminué d’autant.


Interview

Christian Le Beuf

Producteur de luzerne bio

Christian Le Beuf


La luzerne bio est une chance pour la Champagne

« Tout sert à quelque chose, tout est utile dans la biodiversité » témoigne Christian Le Beuf producteur de luzerne bio
depuis 32 ans, autant dire un pionnier. « Bien sûr, il y a des antagonistes des cultures, comme des mauvaises
herbes que l’on est bien obligé d’éliminer (mécaniquement), mais chaque espèce a son utilité dans les cycles trophiques
qui garantissent les grands équilibres ». La luzerne est la plante idéale , la reine des têtes d’assolement pour les
agriculteurs notament en bio ; certains vont même jusqu’à dire qu’il est impossible de pratiquer l’agriculture bio en
régions de grandes cultures sans cultiver de la luzerne.