Qu'est ce que la Biodiversité ?

La biodiversité, un enjeu local, national, planétaire

terreLe mot biodiversité apparu dans les années 80, a été popularisé par le Sommet de la Terre de Rio en1992. Il englobe trois niveaux d'organisation du vivant : la diversité écologique (ou diversité des écosystèmes), la diversité spécifique (diversité des espèces ou interspécifique) et la diversité génétique (ou intra-spécifique). Auparavant considérée de manière surtout patrimoniale, elle est aujourd’hui davantage envisagée pour les services qu’elle rend à la société : qualité et variété des paysages pour le plaisir, diminution de la pression phytosanitaire pour la santé, préservation d’un réservoir d’espèces vivantes, animales comme végétales pour le futur sans oublier l’indispensable service de la pollinisation. La biodiversité est ainsi devenue le cadre de réflexion et de discussion dans lequel sont revisitées et reformulées l’ensemble des questions posées par les relations que l’homme entretient avec les autres espèces et les milieux naturels. La "gestion de la biodiversité" a remplacé la "protection de la nature".


Pourquoi protéger la biodiversité ?

  • Elle joue un rôle dans la régulation des grands équilibres physico-chimiques de la biosphère, notamment au niveau de la production et du recyclage du carbone et de l’oxygène.
  • Elle contribue à la fertilité des sols et à sa protection, ainsi qu’à la régulation du cycle hydrologique.
  • Elle est à la base de toute la production agricole, tant du point de vue du nombre d’espèces utilisées que des nombreuses variétés patiemment sélectionnées ; elle est indispensable pour l’amélioration des végétaux et des animaux domestiques.
  • Elle contribue à la fourniture de nombreux produits alimentaires, de matières premières pour l’industrie, de médicaments, de matériaux de construction et à usages domestiques.
  • Elle absorbe et décompose divers polluants organiques et minéraux, et participe par exemple à l’épuration des eaux.
  • Elle suscite une activité économique liée au tourisme et à l’observation d’espèces dans leur milieu ou à l’attrait de beaux paysages.


Mieux intégrer biodiversité et agriculture dans les systèmes de production

inra« Les marges de manoeuvre des exploitations agricoles pour intégrer des pratiques réputées favorables à la biodiversité sont conditionnées par des facteurs techniques, économiques et sociaux. Ainsi, l’organisation de rotations longues et diversifiées, une répartition adaptée des cultures dans les territoires, l’utilisation de cultures associées, l’implantation de couverts intermédiaires et de cultures dérobées, l’utilisation de variétés moins sensibles aux maladies, la simplification du travail du sol… sont autant d’éléments importants pour la biodiversité dans les régions de grandes cultures. »

Source : Agriculture et biodiversité : valoriser les synergies.
Rapport d’expertise Inra juillet 2008. www.inra.fr


Luzerne et infrastructures écologiques

Dans les zones cultivées, c’est ce que l’on appelle les « éléments fixes du paysage » : haies, bords de chemins, bosquets, mares, prairies permanentes qui abritent l’essentiel de la faune et de la flore. Dans les régions de grandes cultures, ces éléments sont rares en raison de la taille des parcelles, de la quasi absence d’élevages et de cultures pérennes, du relief peu accentué. En Champagne Ardenne  par exemple cette proportion de surfaces d’infrastructures écologiques est parmi la plus basse de France. Dans cette région la luzerne,  qui occupe 8 % des terres agricoles et qui couvre le sol toute l’année joue le rôle de correctif à ce déficit de zones d’accueil naturelles à la biodiversité. C’est pourquoi il est indispensable de préserver son exploitation. Si elle disparaissait elle serait remplacée par des cultures annuelles de céréales ou de colza n’offrant pas les mêmes avantages pour la faune et la flore.